Le travail de Yaze est un monde, une scène où se joue d’étranges huit-clos, de dérangeantes rencontres, celles de portraits sans voix aux yeux tombants, aux paupières lourdes et d’écritures urbaines, traces émotives où se signent une génération muette en manque d’émotion et de reconnaissance.En entrant dans la toile on pourrait presque croire au silence, ce même silence qui ouvre tant de portes invisibles, qui nous enchaîne à tant de révélations, mais la faiblesse désarmante de ces visages révèle par le flottement de ces ovoïdes désespoirs, dans un rien dévorant, le plus tourmentant des mutismes.Ces regards, ces notes de musique sur la porte du temps se métamorphosent en provocations céphalées, telles des illusions, de frénétiques matrices de la connaissance.[....]
L’écriture avait été l’image des Dieux, elle n’est ici qu’un souvenir d’ombres des homme, mais dans l’obscurité et les cernes de ces signatures aux allures Kabbalistiques, des caractères hurlent la fureur des idéogrammes primitifs. La lettre sensible devient le corps, le monde, l’écrin d’un possible renouveau où plus rien ne s’évoque, ou tout se réalise.
Damien Capelazzi, historien de l'art